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Isla Barù, la fin du monde au soleil

Par Colombia
Isla Barù, la fin du monde au soleil

    Ce Tripper amoureux de la Colombie nous décrit dans ce passage l'île Isla Barù, avec les détails de son voyage qui aurait pu être plus calme...

     En partant de Tolù, les bus étant très chers, nous nous mettons au bord de la route et attendons un des petits bus “indépendants” qui partent en direction de Cartagène. L'attente ne fût pas longue et grimpons rapidement dans un véhicule bondé. C'est entre deux cartons que nous avançons vers la cité la plus connue de Colombie. Il est midi, le soleil est au plus haut et le trajet long de quatre heures est tenace...

 

    Le bus nous dépose à l'entrée de Cartagène car nous voulions faire un arrêt sur “isla Barù”, une presqu'île face à la baie principale de la ville. Nous sommes entre deux voies où la circulation est très dense. Un parking en terre battue de l'autre côté de la route fait office de terminal de taxi. Nous essayons de négocier un véhicule pour nous rendre jusqu'au départ du ferry à quelques kilomètres, lui même nous amène sur une des côtes de l'île... On se rend alors compte que les prix sont ici incroyables. Le taxi nous demande certainement le double du tarif car nous sommes blancs... Nous mettons alors notre tactique à l'épreuve. Facile, il suffit de tourner les talons au racoleur, de demander à un autre taxi son tarif et de répéter l'opération jusqu'à la proposition la plus attrayante. Et même le dernier était pour nous « hors budget ». Le sac sur le dos, nous traversons de nouveau la rocade et demandons conseil à un policier. Il nous dit qu'il est difficile de se rendre sur l'île depuis l'endroit où nous sommes... seul un taxi peut le faire... Mais nous ne sommes pas du genre à nous laisser embobinés de la sorte. Nous décidons d'arrêter deux motos qui nous amènent jusque dans la zone portuaire, là où nous pourrons prendre le ferry... Mais, une fois les motos enfourchés, une panne d'essence nous ralentie... Le chauffeur d'Amélie s’arrête au bord de cette route plate et très convoitée de gros camions qui nous dépassent à toute vitesse. Amélie et le grand « dadé » servant de chauffeur viennent jusqu'à notre niveau en poussant l'engin et nous les tractons jusqu'à la station la plus proche avec les pieds sur le pot d’échappement. Nous repartons après avoir fait le plein et arrivons au beau milieu de cette fameuse zone industrielle toute neuve. Les motards nous lâchent là. Amélie se brûle le mollet en descendant de l'engin... Une cloque énorme surgit alors mais étant habituée, elle ne bronche pas. Nous sommes un peu perdus et attendons un bus, ici, où il n'y à rien qui présage la venue d'un quelconque transport en commun ... On nous avez dit que des bus passaient sur cette portion toutes les 10 minutes mais en effet, aucuns ne vient. Au bout de quelques instants, nous arrêtons une camionnette roulant au pas dans les parages. Elle porte un numéro derrière le pare brise et ressemble fortement à un transport local. Le type s'arrête et nous ouvre la porte, il est seul et nous demande ou nous allons. Nous lui répondons que nous voulons aller sur l'île et que nous sommes perdus. Il nous fait monter et nous amène gratos jusqu'au ferry. Mais, car il y a un autre « mais », pas de ferry en vue. C'est un gamin de six ou sept ans qui nous propose sans que l'on ne lui demande rien, de nous faire traverser avec sa barque. Nous sautons dans cette embarcation assez pittoresque et mettons plein gaz direction la rive voisine... Moins de deux minutes de traversée et le gosse nous demande de le payer 10 000 pesos !!! Hors de question, nous lui proposons la moitié et les prends sans rechigner. Les blancs en avaient mare de se faire pomper les maigres pesos qui restaient au fond de leurs poches...

 

    Nous sommes enfin sur l'île... Mais le paysage n'est pas du tout celui que l'on imaginait... Des pétroliers sont à quai, l'eau est très sale et pas de sable blanc ni de cocotiers en vue... Nous sommes alors assaillis par une dizaine de motards qui veulent tous nous amener jusqu'à la plage... Ouf, alors il y a bien une plage paradisiaque dans le coin... Nous sommes à une douzaine de kilomètres du site tant convoité et la balade en deux roues vaut la peine. Nous passons au milieu d'une végétation très dense, les cocotiers commencent à montrer le bout de leurs nez et l'air iodé nous ouvre grand les poumons. On nous dépose sur un parking où attendent autant de motos qu' au départ !!!

 

    Nous descendons quelques marches et commençons à piétiner un sable blanc très fin. C'est à l'ombre des cocotiers que nous cherchons un hamac ou une tente pour passer la nuit. Un homme nous interpelle et nous loue une tente. Nous la plantons face à la mer sous un immense arbre qui nous protégera du soleil au petit matin. La plage est déserte et nous avons l'impression d'être seuls au monde. L'horizon est ici aussi l’hôte de notre soleil et la mer accueille l'être cosmique dans des couleurs orangées. Nous nous exaltons devant ce coucher de soleil magnifique. La nuit étant là, nous marchons au rythme de l'écume crépitant sans arrêt et découvrons une paillote où la musique sonne. Un feu de bois illumine les quelques tables accueillantes qui entoure cette source de chaleur. Nous entamons la soirée les dominos en mains, la bière fraîche au coin de la table et les yeux émerveillés par la beauté du lieu. Nous sommes sur la terrasse ensablée d'une grande cabane en bois. Fièrement plantée au milieu de rien, elle défie les vents insolents des caraïbes. Les patrons, de jeunes « costeños »(habitants des côtes Colombiennes), ont construit ce refuge pour gagner un peu d'argent pendant la saison. Nous sommes une dizaine de clients et la fête commence avec des pas de salsa aujourd'hui bien fluides. Nous avons même l'honneur d'être guidés par un professeur de danse du coin... Une grande et voluptueuse jeune fille de couleur, elle fera danser tous les hommes présents dans la joie et la fraîcheur de la nuit. Après de folles « champetas » (danse locale s'apparentant au Zouk...), meringues et bachatas, nous partons dormir avec un bon coup dans le nez...

 

    Le matin , c'est la clarté du jour qui nous fera sortir de la tente. La fermeture-éclair grinçante de notre maison en toile nous dévoile un paysage impressionnant, nous sommes à quelques mètres de l'eau. Une dame, préparant des salades de fruits exotiques a planté son stand tout près de notre logis. C'est avec une assiette de ce délicieux petit déjeuner que nous découvrons les lieux. Nous sommes au milieu d'une carte postale. Je plante donc le décor ; à nos pieds, le sable blanc plonge dans une eau turquoise et les vagues de la mer caraïbe viennent se casser dans les racines des cocotiers. Derrière nous, de multiples petites paillotes s' entremêlant en retrait du rivage forment le deuxième plan. Des vaches et des ânes se baladent entre les planches des cabanes et profitent de la maigre ombre que forment les « bouis-bouis ». On peut déjà sentir l'odeur du poisson grillé qui attire des nuées de « gallinazos ». On observe aussi la fumée des feux de bois, surgissant de derrière les cuisines improvisées jonchant le bord de la forêt très dense qui se retire dans les terres.

 

    Nous nous rendons compte que nous sommes le 22 décembre, le lendemain de la fin du monde selon les voisins Mayas. Mais leur calendrier ne prenant plus en compte les dates après le 21 à minuit était certainement trop petit ou alors le scribe était un de ces faignants qui n'avait pas envie de sculpter plus que ça. Du coup, la mer n'ayant pas emportée la tente dans un tsunami géant, un de ces cyclones prédit ne nous ayant pas non plus emmenés dans le golfe du Mexique ou quelconques météoroïdes ne s'étant pas écrasées violemment sur notre plage, nous décidons de profiter de ce petit paradis. Nous passons les journées suivantes dans cette eau aux degrés très cléments, à se dorer au soleil et à observer ces jolies filles aux courbes affirmées qui se trémoussent sur le sable chaud. La journée, le monde afflux et repart le soir dans d'énormes bateaux pour Cartagène. C'est dans un de ces vaisseaux que nous monterons à la lueur du troisième jour pour rejoindre la cité coloniale !

 

    Pour monter dans ce fameux bateau qui ne peut pas accoster sur la plage, des canots viennent récupérer les voyageurs sur le sable... L'humain étant un être bizarre se disant évolué, à fait preuve ce jour là, de la démesure de sa bêtise. TROIS canots sont prévus pour remplir la grosse embarcation, les passagers sont TOUS munis de tickets leur donnant accès à bord et il y aura bien sur de la place pour tout le monde. Mais, tels des bêtes apeurées, des animaux sauvages sous l'emprise de testostérone plus qu'il n'en faut, les gens se bousculent, trébuchent et se piétinent dans un mouvement de foule gigantesque pour s 'entasser dans le premier canot. Certains manquent même d'être aplatis sous le haillon suivant les mouvements de la houle... Pareil pour le deuxième trajet... Nous sommes de la troisième partie, montons calmement, dans le respect et le radeau est quasiment vide. Grâce à une manœuvre impressionnante du conducteur pour aborder le géant de fer, l'heure est venue de se hisser jusqu'au pont... et là, c'est le drame... Il faut lever la jambe d'environ 25cm pour poser le pied sur le plancher du bateau... On se bouscule encore oubliant les plus vieux et même handicapés. Les deux embarcations ne bougent pas à la même vitesse et la montée peut s’avérer difficile pour les plus ventripotents et gros « ricains » pleins d' hamburgers. Nous soutenons de vive voix, le sourire aux lèvres ces pauvres passagers, médusés et dans l'incapacité de se hisser seuls...

 

    Les fesses bien bronzées et les cheveux crépus et collés par le sel marin, nous embarquons aux côtés de nombreux blonds, de « bien portant » venus d'un pays lointain et de maigrichons traînants un baluchon bien plus imposant que le notre. Les uns sur les autres, assis dans de piètres siège rouillés, nous assistons à un spectacle pathétique que les touristes adorent... Un « comique » local équipé d'un micro compte des blagues pas drôle à la mode « Club-Med »... Il danse et fait le pitre durant toute la traversée...

 

    Cet arrêt sur la presqu'île, que nous n'avions pas prévus, nous a permis de flâner encore et encore. Tout ça pour dire que les touristes à la recherche de cartes postales n'ont pas besoin d'aller dans les archipels du Pacifique ou dans les colonies francophones des caraïbes pour trouver leur bonheur. La vie y est certes très simple, pas de « resorts » flambants neufs équipés de sauna et de restaurants quatre étoiles mais beaucoup de belles choses à un prix imbattable. Pour quelques dizaines d'euros, nous aurons tout les deux bu, dormis, mangés et profités d'un des plus beau endroit du coin.

 

    A très bientôt....

 

T.M

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